Séminaire sur la Participation citoyenne, échelle et nature des territoires
Séminaire organisé par le laboratoire T.V.E.S., Territoires, Villes, Environnement et Société, E.A. 4019. Université Lille Nord de France (Lille 1)
| Quoi ? |
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| Quand ? |
05/02/2010 du 09:30 am au 06:00 pm |
| Où ? | Maison Européenne des Sciences de l'Homme et de la Société - MESHS Espace Baïetto 2, rue des Canonniers 59000 |
| S'adresser à | anissa.habane@univ-lille1.fr / tel : +33.(0)3.20.43.45.18 |
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Cadre
La question de l’implication des individus dans le devenir de leur territoire est devenue, depuis quelques
années, un sujet d’intérêt majeur en aménagement, urbanisme avec des homologies et quelques différences
dans le cadre des espaces qualifiés de naturels, des territoires ruraux et des métropoles. Cet « individu territorial
» peut prendre tour à tour différentes figures, en particulier celles de l’habitant, de l’usager, du professionnel, de
l’expert ou du militant…
Petit rappel historique
En France, jusqu’aux années 1970, la question de l’implication de l’individu dans les politiques
d’aménagement, ou de gestion des espaces, ne mobilise pas les acteurs politiques ni les réflexions
scientifiques. L’individu est un sujet d’un état républicain centralisé…au comportement très régalien, dans lequel
les élus eux-mêmes n’ont que de faibles marges d’action. A Lille, on se souvient que l’emplacement de la ville
nouvelle de Lille-Est est décidé par un ministre de l’équipement qui survole en hélicoptère des sites possibles,
ou que la création de la communauté urbaine est annoncée de façon cavalière aux élus locaux. Aujourd'hui
l'implantation d'un stade devient un casse-tête pour les acteurs politiques, à Lille, à Bordeaux comme à Lyon...
La prise en compte de l’avis des citoyens commence à être posée avec l’institution des enquêtes publiques en
1976, et se manifeste avec force sur certaines scènes locales très médiatisées : le Larzac, les chantiers des
centrales nucléaires. Ici c’est la figure du militant qui est mobilisée.
La montée en puissance de la question de l’implication des individus dans l’action publique territoriale peut
sans doute être mise en parallèle avec la décentralisation du début des années 1980 et le renforcement des
compétences au niveau local et régional (régionalisation), même si déjà certaines instances de participation
existaient préalablement : par exemple, les conseils de quartiers à Lille sont nés en 1978, vingt-quatre ans avant
que la loi du 27 février 2002 ne rende leur création obligatoire dans les communes de 80 000 habitants et plus.
La participation citoyenne : un foisonnement
L’action publique territorialisée, disons l’action publique locale, intègre aujourd’hui de plus en plus largement
l’expression des individus non élus, organisés ou non. Un certain nombre de lois, promulguées depuis les
années 1980, en crée l’obligation. Par ailleurs, certains élus voient, dans la participation des individus, un outil
pour enrichir leur réflexion, et une certaine demande citoyenne se fait entendre. Un certain nombre de dispositifs
sont utilisés ou expérimentés : parmi de nombreuses scènes du débat citoyen, nous pensons aux conseils de
quartiers, aux ateliers populaires d’urbanisme, aux conseils communaux de concertation, aux conseils de
développement des pays ruraux, aux conseils de développement des agglomérations, mais aussi aux comités
de gestion, aux comités de pilotage des espaces naturels… mais il existe également des formes non
institutionnalisées issues des arts (théâtre, atelier photographique), d’autres qui utilisent les avancées des
sciences informatiques (modélisation, jeux de rôles), des médias et de la communication (e-débat) ou des
réflexions engagées par la sociologie, la psychosociologie (conférences de citoyens, sondages délibératifs). La
liste est longue et se modifie régulièrement.
Cette complexité contribue à donner son épaisseur sociale et politique au territoire, qui a par ailleurs une
épaisseur culturelle, historique, géographique…. La diversité des acteurs du territoire est révélée au sein de
systèmes complexes dans lesquels ils interagissent dans ce qu’il est convenu d’appeler des « jeux d’acteurs ».
La question posée est de savoir comment l’individu devient un acteur pour son territoire, en fonction de quelle
figure la plus efficiente : l’habitant, l’usager, le citoyen, le militant….
Objectifs
L’objectif de ce séminaire est d’initier une discussion entre des chercheurs (impliqués ou non) s’intéressant à
la dimension participative de l’exercice du politique, qui proviennent de disciplines différentes et analysent les
territoires à des échelles différentes et surtout portent leur attention sur des territoires de nature différente, qu’il
s’agisse de métropoles, d’espaces ruraux ou d’espaces naturels. Ces regards croisés nous semblent
particulièrement importants, car si l’on insiste aujourd’hui sur la multidisciplinarité, l’interdisciplinarité, il faut
également envisager davantage de transversalité, au sein de l’étude des territoires.
Chacun présentera donc, avec les outils méthodologiques et conceptuels qui sont les siens, son regard sur
cette problématique et gageons que ces analyses permettront d’amorcer les débats et … ouvriront peut-être la
porte à de futures analyses comparatives.
F. Chlous-Ducharme, Université de Bretagne occidentale, Institut de Géoarchitecture, E.A.2219
D. Paris, Université Lille Nord de France (Lille 1), laboratoire T.V.E.S., E.A. 4019. MESHS


